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  • un film: 17 fois Cécile Cassard (en dvd, cinéclub, vidéo club)

    Star périssable, vedette d'une saison, starlette posant sur les plages de Canne, réalisateur en manque d'inspiration, un film qui réalise vos fantasmes, de Christphe Honoré

    Le titre du film annonce une intrigue obsessionnelle, le portrait d'une femme à travers dix sept moments de sa vie. Son mari vient de décéder, la laissant seule, paumée, elle  et leur enfant. Les morceaux choisis sont des tableaux où les silences sont rois, et où, lorsqu'un événement intervient, il est évoqué en négatif. Le décès du mari est exposé par la voix monocorde d'un banquier qui explique à cécile cassard le calcul de la rente d'une assurance vie. C'est le résumé clinique d'une vie du point de vue financier. Le quasi-abandon de son enfant est relaté à travers un rendez vous anonyme donné dans un village. Celle qui arrive, une amie, repart avec un bébé dans sa voiture, et laisse seule la mère. Un peu avant, on devine que l'institutrice a cherché à alerter sa mère sur les difficultés de son fils à l'école, avec des mots qu'on imagine simples, mais déjà trop durs pour elle. C'est un personnage à la sensibilité à fleur de peau qui est esquissé au fur et à mesure des tableaux, Béatrice Dalle reprenant un rôle semblable à celui qui avait fait son premier succès dans 37°2 le matin, une écorchée vive que la difficulté à vivre amène toujours aux limites. Mais à la différence de 37°2, le film adopte le style d'une création quasi expériementale. Le retour à la vie est illustré par des plans pleins de couleurs et de lumière qui contrastent avec le ton terne des débuts, mais sans rien changer au rythme lent d'une extrême pudeur, même pour évoquer les situations les plus sensuelles. Comme la musique au rythme électro rock déchainé, appliqué aux situations les plus sombres, qui pose Bétarice Dalle en hégérie et héros romantique.


    [Béatrice Dalle, iconifiée par le cinéma, ici dans la vrai vie]

    Ce film ne tiendrait pas debout si Dalle ne "s'identifiait pas complètement au personnage qu'elle incarne pendant les tournage". En effet, elle doit faire vivre des scène qui ne reposent que sur sa seule présence et l'émotion à nu qu'elle doit transmettre. Alors que rien d'autre ne vient nourrir le film dans ces moments: pas de situation,  elle est seule, pas de photo extraordianire, le film s'intéresse au quotidien. Et ce pari extrêmenent odacieux est réussi grâce à des trouvailles narratives, un art de l'ellipse poussé à bout, et la conviction de Béatrice Dalle.


  • un film: l’homme sans passé de Ari Kaurasmäki (en vidéo club ou ciné club)

    Bénévole de l'armée du salut, amnésiques, loubards, vendeurs de sommeil, enfin un film qui parle de vous.

    Aki Kaurismaki commence ses histoires à partir de rien. Un type seul qui a pris le train, s'est fait agressé et  perd la mémoire, il est retrouvé inconscient au bord d'une route. C'est un type qui n'a rien de héroïque, il est rétif à la sophistication, fait de bon bois, solide comme un chêne. Il cherche du travail, et accepte celui de chiffonnier; il se sent seul, et s'intéresse à la première femme qui se montre sensible à ses airs indifférents; il cherche une maison et est bien content de trouver un superbe container avec vue sur la mer. Aki Kaurismaki interdit à ses acteurs de répeter leurs dialogues, il ne prend qu'une prise et passe à la suivante. On peut être admiratif pour la rigueur de la technique qui a l'avantage de ne pas s'engluer indéfiniment sur des détails éloignés du récit. Cela donne un patte toute particulière à son film, où les personnages donnent l'impression d'être en décalage avec la situation, vaguement indifférents à ce qui leur arrive. Pour cela les dialogues entre le vigile qui loue le container, et notre héro sont emblématiques: il le roule dans la farine, conclue un contrat clairement illégal qui déclencherait la fureur de toute commission de l'habitat, mais c'est la vie, on ne va pas se brouiller pour si peu, semblent vouloir faire comprendre nos deux protagonistes. Et puis le vendeur de sommeil est frère de la misère, il ne faut pas tout lui mettre sur le dos, il n'a pas créé le mal et la détresse. Au contraire, c'est lui qui est au milieu, s'en accomodant comme on se contente de boire un mauvais vin qui n'enlève rien à la qualité de l'ivresse et de la bonne compagnie.


    [ en noir et blanc, le film aurait été plus mystérieux ]

    En me relisant , je me dis que cette dernière métaphore résume beaucoup de choses chez Kaurismaki. On parle souvent de noirceur chez lui. C'est discutable, en fait on parle de noirceur au cinéma dès que le récit ne se passe pas entre gens riches, beaux et follement mystérieux, le public n'a pas payé pour sortir déprimé. On parle aussi d'influence des surréalistes, c'est plus judicieux, il y a des scènes qui ne valent que par leur beauté poétique. En fait, tout est dans la couleur et la lumière. En Finlande il existe une connivance entre les temps couverts et les journées ensoleillées: elles durent des plombes, n'en finissent pas, et l'une et l'autre lumière ne laissent pas de place à l'entredeux, quand il fait moche le ciel l'est uniformément, et quand il fait beau, le vent a chassé tous les nuages. La couleur est un vrai luxe dans de tels conditions, de ces luxes qui ne coûtent pas chers et qui se partagent facilement, et dont on ne fait pas l'économie dans un film. Comme l'amitié entre des inconnus en somme. Comme dans Tatiana du même rélisateur, on pourrait dire que la noirceur est équilibré par la fraternité entre les personnages. Ce serait pas faux. On voit même dans l'homme sans passé un truand qui s'excuse après son forfait auprès d'une de ses victimes. Ca devient absurde me direz - vous? Je vous répondrais que l'absurde est la respiration de l'imaginaire. 

  • l’homme sans passé de aki kaurismaki (video club)

    c'est vavhement bien, faut en dire deux mots, des que je les retrouve, je reviens
  • un film: avant que j’oublie de Jacques Nolot

    habitués de pigalle, paumés qui préfèrent la drogue au sexe, branleurs tristes, obsédés dénués de sentiments,
    bonjour.


    Jacques Nolot est le scénariste d'un des meilleurs films de Téchiné, lieu des ébats juvéniles et sinistres d'Emmanuelle Béart: "J'embrasse pas".
    C'était déjà assez violent, mais le respect des canons scénaristiques (intrigue, rebondissement, action, chute) rendait la potion amère du sujet supportable. J'ai vu Jacques Nolot dans la détestable émission "bord cadre" à la télé, à voire l'indifférence de l'animateur devant ses provocations, on se dit que l'époque ne le mérite pas. On savait déjà que cette émission, aussi fade que du jambon purée, avait la vertu si nécessaire à la poursuite de l'existence de s'oublier aussi vite qu'elle se regarde, mais il a fait la démonstration qu'elle n'avait en fait simplement rien d'humain: plus il s'acharnait à provoquer, ("je suis une folle", "j'étais gigolo", dit  à peu près, et entre autre Nolot pendant  l'émission), plus le présentateur ronronnait et était indifférent. Il doit être trop fasciné par le spectacle de se voir devant une caméra pour s'interroger sur le sens des mots de ses invités. On lui demande de faire ses 45 minutes de format, il bourre la machine télévisuelle avec sa viande hachée et rentre chez lui dans un appartement qu'on lui souahite immense, luxueux, et solitaire.


    [jacques nolot avec Charlotte Rampling: corps froids pour désirs inertes]

        Qu'est - ce qu'on voit dans le film de Nolot? Des mecs qui se font sucer, un type qui se fait insulter pour arriver à jouir, des vieux qui errent dans leurs appartement haussmaniens, un livreur qui offre son corps à son client, des conversations monocordes entre personnes âgées surtout. En dehors de la crudité des corps et des âmes (les corps qui s'enculent, les âmes perdues dans des histoires d'héritage), il n'y a rien dans ce film, et encore, ce rien est pâle, quasi diaphane. C'est que le personnage de Nolot est engagé dans une lutte contre le sida depuis 20 ans, et qu'il doit à force concevoir une certaine indifférence à la vie, d'où la paleur, d'où l'absence d'action, d'où l'indifférence des uns envers les autres qui ont leur vie derrière eux. Ce film est une toile abstraite expressionniste, un film qui ne cherche pas à se justifier, qui entretient le mythe d'un art fait pour déranger le spectateur et qui a pour seule vocation de le choquer, un art qui pense encore naïvement qu'il peut changer
    le monde. Il y a aussi désespéré que les partouzes: se réunir en espérant trouver quelque chose de beau dans un salle de cinéma.

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