Le titre du film annonce une intrigue obsessionnelle, le portrait d'une femme à travers dix sept moments de sa vie. Son mari vient de décéder, la laissant seule, paumée, elle et leur enfant. Les morceaux choisis sont des tableaux où les silences sont rois, et où, lorsqu'un événement intervient, il est évoqué en négatif. Le décès du mari est exposé par la voix monocorde d'un banquier qui explique à cécile cassard le calcul de la rente d'une assurance vie. C'est le résumé clinique d'une vie du point de vue financier. Le quasi-abandon de son enfant est relaté à travers un rendez vous anonyme donné dans un village. Celle qui arrive, une amie, repart avec un bébé dans sa voiture, et laisse seule la mère. Un peu avant, on devine que l'institutrice a cherché à alerter sa mère sur les difficultés de son fils à l'école, avec des mots qu'on imagine simples, mais déjà trop durs pour elle. C'est un personnage à la sensibilité à fleur de peau qui est esquissé au fur et à mesure des tableaux, Béatrice Dalle reprenant un rôle semblable à celui qui avait fait son premier succès dans 37°2 le matin, une écorchée vive que la difficulté à vivre amène toujours aux limites. Mais à la différence de 37°2, le film adopte le style d'une création quasi expériementale. Le retour à la vie est illustré par des plans pleins de couleurs et de lumière qui contrastent avec le ton terne des débuts, mais sans rien changer au rythme lent d'une extrême pudeur, même pour évoquer les situations les plus sensuelles. Comme la musique au rythme électro rock déchainé, appliqué aux situations les plus sombres, qui pose Bétarice Dalle en hégérie et héros romantique.

[Béatrice Dalle, iconifiée par le cinéma, ici dans la vrai vie]
Ce film ne tiendrait pas debout si Dalle ne "s'identifiait pas complètement au personnage qu'elle incarne pendant les tournage". En effet, elle doit faire vivre des scène qui ne reposent que sur sa seule présence et l'émotion à nu qu'elle doit transmettre. Alors que rien d'autre ne vient nourrir le film dans ces moments: pas de situation, elle est seule, pas de photo extraordianire, le film s'intéresse au quotidien. Et ce pari extrêmenent odacieux est réussi grâce à des trouvailles narratives, un art de l'ellipse poussé à bout, et la conviction de Béatrice Dalle.
