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Après une pause bébé (celui de la pochette?), un nouveau bassiste, beaucoup de répétitions et de concerts, les The Real Nelly Olson reviennent aux affaires avec un EP intitulé Never gettin' old. Si sur la forme ils ont gardé ce petit "concept" qui a attrait aux temps, sur le fond il y a du changements et le groupe ne s'est franchement pas endormi sur les petits lauriers qu'on leur avait tressés avec Rockin' ages quelques années plus tôt. Ça reste toujours fondamentalement la même recette, du rock de garçons avec une dame au chant, mais il y a sur Never gettin' old des nouvelles pistes qui sont étudiées, approfondies et il est clair que The Real Nelly Olson tente de nouvelles orientations.
"Go", la première piste, diffère déjà de ce que l'on peut connaître du groupe. Le ton est punk, le format est d'une concision qui confère une efficacité hors-norme. "No more fuckin'" reprend sensiblement les mêmes arguments : un riff qui donne le coup d'envoi, un démarrage en trombe, ce chant électrisant qui vient catapulter le morceau dans une autre dimension puis un titre qui se termine avant que l'on ait pu dire "ouf". Sur la troisième piste, le groupe exploite le mid-tempo avec succès sur un "Black dinette" et son riff orientalisant qui s'essaie à la retenue d'énergie pour finalement exploser. Énergie qu'ils se priveront pas de larguer sur un "Bullshit" alliant puissance débridée avec un chant en français et des paroles qui collent à l'actualité. Le moins que l'on puisse dire, c'est que les The Real Nelly Olson ont beaucoup tenté sur les 4 premières plages et que les nouveaux visages se sont toujours plutôt bien intégrés à leur univers.
Dernier titre et hélas petit bémol personnel sur "Watchin' the parade" qui les voient coupler leur rock avec des relents disco qui me plaisent très moyennement : le titre n'est pas dénué de qualité mais contient des ingrédients assez répulsifs (les "disco disco" récurrents, le chant de castra...) qui pourrait me donner envie de zapper. Toutefois, ce n'est qu'une affaire de (dé)goûts et de couleurs, il faut admettre que c'est toujours bien foutu et les non-allergiques à Boney M, Kiss et consort apprécieront peut-être la touche nostalgique de la chose.
Au final, le bilan de cet EP est plutôt très satisfaisant : le groupe continue sa mue et semble prendre la bonne direction. Never gettin' old c'est du The Real Nelly Olson 2.0 : un peu comme avant mais en encore mieux. Bravo à eux.
Chronique de 442e Rue (n°84) :
Souvenez-vous, il y a 45 ans de ça les Who chantaient "J'espère être mort avant de devenir vieux". Ca s'est vérifié pour 2 d'entre eux, pas pour les 2 autres, ironiquement celui qui avait écrit ces vers et celui qui les chantait.
Du côté du groupe nordiste on réactualise le slogan, en le positivant puisqu'on ne souhaite plus forcément visiter les rives du Styx avant l'heure, et, en prime, on nous met un charmant bambin tout tatoué sur la pochette, histoire de bien faire rentrer le message dans l'occiput parfois un peu lent de la comprenoire du fan de rock'n'roll de base. Bon, une chose est sûre, sont pas encore croulants les Real Nelly Olson. Parce que les 5 titres du petit dernier n'ont rien à envier, question énervation, à ceux du précédent, paru fin 2007 (et chroniqué en son temps dans ces colonnes).
The Real Nelly Olson envoient ce même punk-rawk'n'rawl tendance boogie-métal avec supplément de hard-blues qui marque une filiation certifiée, tests ADN à l'appui, avec quelques ancêtres néanderthaliens de type motorheadien, acédécien, voire nashvillepussien. Doit pas y avoir que du lait dans leur biberon, ou alors légèrement boosté à la substance titrant largement plus que les 45° standard d'un 12 ans d'âge mental moyen. On note quand même quelques légères nuances de gris dans ce fatras noir et blanc, comme l'intro mid-tempo de "Black dinette" (rassurez-vous, ça dure pas, et ça met l'overdrive dès que les fourmis commencent à trop sérieusement titiller le
gros orteil droit), ou la ryhtmique clonée au disco-métal sous haute tension de "Watchin' the parade". Tiens, y a même un titre en français, malgré l'intitulé en angliche, ceci étant, "Bullshit", aujourd'hui, s'est largement internationalisé, l'honneur est sauf.

jedi